Lianzhou Museum of Photography

The Red Eye cofonde et codirige, avec Duan Yuting et son équipe, le Lianzhou Museum of Photography qui a ouvert ses portes le 2 décembre 2017 est le premier musée public dédié à la photographie, en République Populaire de Chine.

Les expositions inaugurales étaient consacrées à Zhuang Hui, Albert Watson, Zhang Hai’er and Baptiste Rabichon.

+ Dossier de presse

 

 

Créer un musée dédié à la photographie contemporaine dans la continuité d’un festival, c’est dans un seul mouvement assurer l’originalité et la modernité du projet du Lianzhou Museum of Photography. Le premier musée public consacré à la photographie en République Populaire de Chine dispose en effet d’un atout inestimable, son festival de photographie. En dix ans, le festival s’est imposé comme la référence nationale et internationale pour tous ceux qui veulent découvrir les nouvelles tendances de la photographie chinoise.

C’est ici, et pas ailleurs, que le meilleur de la photographie chinoise se retrouve et se confronte à des expressions toujours plus variées. C’est ici, et pas ailleurs, que se mesure chaque année la qualité et la nouveauté des propositions. Lianzhou ne serait qu’une vitrine, même excellente, de l’art photographique chinois, on pourrait s’en contenter. Mais pour les fondateurs du festival, dont le désir premier a toujours été de constituer un musée, le projet n’a de sens que dans la confrontation avec d’autres expressions photographiques, qu’elles soient occidentales, asiatiques, etc. L’ambition du festival reposait sur la possibilité de donner au public, en formation, un panorama du dynamisme de la production photographique. L’autre enjeu était de proposer à des auteurs l’occasion de saisir l’usage universel du médium. Aujourd’hui, ce cahier des charges est relayé et approfondi par le musée.

Le musée s’inscrit donc dans la continuité d’un événement majeur qui a su privilégier des rencontres et des témoignages pour s’imposer comme une place forte dans le monde de la photographie. Il affirme la volonté de constituer une collection représentative de la création photographique d’où qu’elle vienne. La pédagogie de l’image n’est pas une vaine revendication quand la modernité chinoise fait sienne la nécessité d’inclure et de comprendre la nature de l’image mécanique. Cependant, conscients de l’ambiguïté de cet « art », pour nous, initiateurs du projet, le musée est une alternative à la consommation rapide des choses et au temps sans épaisseur. Il est dans la conception même de son architecture, un geste de fusion entre modernité et tradition. Il est dans la composition de son équipe « dirigeante », un exemple de dialogue. Il sera dans sa collection et dans sa programmation, une tentative permanente d’échanges. L’identité de l’institution, sa personnalité, se fonde aussi sur son ancrage local, sur la volonté de devenir la vitrine d’un territoire, et peut-être même à terme de participer à sa redéfinition. Elle ne pourra jamais être « hors-sol » parce que nourrie par les événements, fécondée par les apports nouveaux. Elle s’inscrira dans la revendication d’un public avide d’autres images et d’autres sensations, de toutes origines.

C’est dans sa capacité à produire de l’inédit, à refuser une vision iconique de la photographie, pour au contraire soutenir toutes les expériences que ce musée va trouver sa place dans la politique culturelle du pays et dans le monde de la photographie.